Poussière d'étoile
Thérapeute énergéticienne à La Roche-sur-Yon

VIS MA VIS DE MEDIUM

Un jour je suis morte. C'était une sacrée initiation. Un enseignement d'une densité extrême. Une leçon de vie et de mort.

Ceci est un court extrait de cette expérience, dont la densité fut telle que je ne pense pas un jour arriver à écrire tout ce qui s'est passé. J'insiste juste ici sur l'aspect distorsion de l'espace-temps : 

 

 

La Mort ne s'est pas présentée dans ma vie avec tambours et fracas.

Non.

Elle s'est avancée avec toute la lenteur d'un vieillard qui prend mille précautions pour avancer avec son déambulateur.

Avec toute la délicatesse dont peuvent faire preuve les Japonais lors du rituel du thé.

La Mort est entrée à pas de loup, comme un goutte à goutte. Comme une fuite imperceptible de la Vie de mon corps.

 

Il y a eu cette nuit, où elle a commencé à prendre toute la place. Elle me collait aux basques depuis des semaines, mais là, oui, c'est toute la place qu'elle s'était mise à occuper.

J'étais dans mon lit, yeux rivés au plafond. Une à une, les secondes passaient. Je ne pouvais pas fermer les yeux. Je sentais. Je SAVAIS, que si je fermais les yeux, je n'allais plus les rouvrir. Plus jamais ici. C'était une certitude. Une vérité aussi inébranlable que : si on ne respire plus, on meurt. J'ai commencé à pleurer. Je me suis levée, j'ai pris mon carnet, et j'ai commencé à penser à toutes les personnes que j'aimais et qui pourraient me manquer. Et puis j'ai écrit une lettre pour dire je t'aime à toutes ces personnes. Au cas où. Quand LA MORT était là, je n'ai pensé qu'à ça. Dire JE T'AIME. Laisser simplement L'AMOUR en héritage.

Je me suis ensuite allongée, pour affronter ce combat entre la Vie, La Mort et le Sommeil. Je ne savais pas qui allait l'emporter. Aucune idée. C'était une partie de dés non encore jouée. Un truc pas encore écrit sur le livre de la Vie. Un destin pas encore défini. C'était à moi de choisir.

Dormir et Mourir ou Vivre.

 

Il y a eu cette aube qui s'est levée sur une nuit blanche. J'avais passé la nuit. J'étais encore là. Je trouvais la force de m'habiller et, toujours à la vitesse d'un vieux monsieur avec son déambulateur, je suis arrivée dans la salle d'attente du médecin qui me voyait pour la troisième fois en une semaine.

Où ai-je trouvé la force à ce moment là ? Je l'ignore. Je pensais à toutes les belles choses que j'avais pu vivre, à tous ces bons moments passés avec des amis sur l'un ou l'autre continent. Je pensais à l'Amour. Sous toutes ses formes. Obstinément.

 

Puis il y a eu ce coup de fil du laboratoire d'analyses médicales qui me disait de préparer un sac pour aller à l’hôpital, que ma chambre était déjà réservée et que mon médecin allait passer me chercher pour m'y amener. Pas d'explications.

 

Il y a eu cette arrivée dans le service hématologie du CHU de Nantes. Le regard interrogateur des infirmières qui s'attendaient à voir un brancard débouler, pas quelqu'un debout sur ses deux pieds. Je devais m'arrêter tous les deux pas sous peine de m'évanouir face à l'effort produit.

Je me suis dit :  « Ok, si je survis, je suis prête pour la vieillesse ».

 

Il y a eu les questions des infirmières, les questions de l'interne, la ponction lombaire, le regard illisible du médecin. Le verdict, enfin : une moelle osseuse qui ne fonctionnait plus depuis des jours. Plus de globules blancs, plus de globules rouges, plus de plaquettes dans le sang.

Techniquement, j'étais morte.

Mais j'étais là. C'était une énigme.

J'ai toujours su que ma conscience était illimitée. J'apprenais que le corps aussi.

 

Dans la chambre stérile, le temps s'est mis à ralentir :

Je sens le sang dans mes veines.

Je sens mon cœur peiner comme un forçat.

Je sens chaque parcelle de mon corps crier, hurler à la vie.

Je vois chaque seconde défiler comme une éternité.

Je vois chaque seconde sur l'horloge en face de mon lit.

Je vois cette porte qui reste désespérément fermée.

J'entends les bruits du couloir de service.

Tout coule comme dans le tableau de Dali.

J'entends les infirmières, les médecins, les malades, les agents de service.

Je vois cette porte qui reste fermée.

Je vois ce culot de sang qui n'arrive pas.

Je goutte la force de l'inconscient quand il ne veut pas partir.

Je touche la présence de LA MORT, assise là, dans le coin de la chambre, à côté de la fenêtre, sous la télé, qui attend là, au cas où la porte ne s'ouvrirait pas.

Je respire comme je n'ai jamais respiré.

En espérant que ça suffise. 

Je garde les yeux ouverts.

Je dois rester éveillée, sinon je pars, je le sais.

La porte est toujours fermée.

Je sens l'espace-temps.

Tout l'espace-temps s'ouvre.

 

Puis il y a le moment où les poches de sang arrivent. Le goutte à goutte est branché. Et je sombre, enfin... 

 

Et au réveil LA MORT me fait un clin d'oeil avant de repartir. Mais d'autres spectres hantent ma chambre, passent, me rendent visite. Il y a cet enseignement à la kabbale qui arrive, le seul livre que m'aient autorisé les infirmières dans ma chambre stérile.

Des visions. Des géométries. Des choses que je ne comprends pas. Mon cerveau ne cherche pas à comprendre. Je veux juste dormir.

Je suis là mais j'ai l'impression de flotter entre 2 monde. Je suis là mais je ne sais plus si je suis bien là. Je ne sens pas la Vie revenir en moi. Je vois les personnes décédées que je connais. D'autres que je ne connais pas. Ca fait un paquet de monde. J'aimerais être tranquille pour dormir.

 

Puis on me transfère dans une chambre non-stérile.

Puis on me laisse sortir sous haute-surveillance.

 

Et tout ce qui m'intéresse, c'est de sentir le soleil de Juin sur ma peau, de trouver quelqu'un avec qui boire du champagne, de rire en allant faire mes courses sur le fauteuil roulant de mon ami tétraplégique. Et d'écouter de la musique. Et de pleurer de bonheur.

Et rire d'être en Vie

 


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